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Déjà perplexe face au paysage esthétique de l'immédiate après-guerre, Paul Dukas parcours les Années folles avec un agacement qu'il ne réserve pas au monde musical. Lisant beaucoup et suivant l'actualité de près, le compositeur s'adapte mal à une époque où tout lui semble aller trop vite. Le passé de Dukas s'efface aussi avec la disparition de ses camarades. À peine remis de la mort de Claude Debussy, il est profondément affecté par celle de Gabriel Fauré, puis doit constater que ses réunions amicales hebdomadaires deviennent de plus en plus clairsemées.Pourtant ses quinze dernières années d'existence ne sont pas qu'un crépuscule désolé. Sur le plan personnel, Dukas a la joie de voir grandir sa fille Adrienne (née en 1919) et de profiter d'étés en famille à Royan (à partir de 1922). D'un point de vue professionnel, plutôt que de baisser les bras face à la «sottise» de son temps, il décide de se lancer dans l'arène. Cette implication ne passe pas par l'écriture d'oeuvres nouvelles - sa production se limite à quelques courtes pièces -, mais par l'enseignement. Les cours de composition de Dukas à l'École normale (dès 1926) et au Conservatoire (à partir de 1927) le mettent ainsi au contact d'une jeune génération qu'il s'agit de guider hors de l'impasse d'une modernité stérile.Plein d'humour et d'acidité, ce dernier volume de la Correspondance de Paul Dukas par Simon-Pierre Perret rassemble des lettres envoyées à plus d'une cinquantaine de personnes. Fréquents et entamés depuis de nombreuses années, ses échanges avec Paul Poujaud, Guillaume de Lallemand, Robert Brussel et Marguerite Hasselmans servent de fils conducteur à ce livre.